Exclusif : Interview de Philippe BENACIN - PDG du groupe Interparfums
2026-03-26 14:59:00
www.esmod-alumni.com
https://www.esmod-alumni.com/medias/image/95043169467d94872d4698.png
2026-03-26 15:00:07
2026-03-26 15:00:07
Marion Hirsch
Le rendez-vous des décideurs du luxe LE RDV DES DÉCIDEURS DU LUXE Essor de la niche, fin de l’euphorie post-Covid, montée en puissance de la génération Z, banalisation des dupes : Philippe Bénacin, PDG du groupe Interparfums, livre sa lecture d’un marché du parfum en pleine recomposition. Le groupe Interparfums est un acteur discret mais aux résultats détonants. Qu'est-ce qui distingue Interparfums des autres groupes ?Je nuancerais l’idée de discrétion. Nous communiquons beaucoup, aussi bien dans les médias financiers que dans les médias professionnels. Simplement, nous mettons nos marques au premier plan plutôt que nos dirigeants. L’enjeu n’est pas de parler de moi, mais de faire rayonner Montblanc, Coach, Jimmy Choo, Van Cleef & Arpels, Longchamp, ou plus récemment Solferino et Off-White. Interparfums est donc très visible dans la profession, même si, auprès du grand public, ce sont avant tout nos marques qui émergent. Comment développez-vous cet "art" de la licence ?C’est venu un peu par hasard, avec une première licence signée en 1990. Puis une seconde très importante avec Burberry, en 1993, qui a permis de faire grandir la société et d’en obtenir d’autres ensuite, comme Paul Smith, Céline ou S.T. Dupont. À l’époque, la licence était assez rare en parfumerie : les marques exploitaient souvent leurs parfums elles-mêmes. Puis le modèle a évolué : les nouveaux entrants ont préféré confier ce métier à des licenciés, car ce n’était pas leur cœur de compétence.  Quelles sont, selon vous, les erreurs à éviter lorsqu’on gère une licence ?Le principal écueil, c’est le décalage d’objectifs entre le propriétaire de la marque et le licencié parfum. Les maisons de luxe ont des positionnements très sélectifs, parfois élitistes. Le parfum, lui, doit toucher un public plus large pour atteindre une taille critique. Tout l’enjeu consiste à trouver un point d’équilibre : rester fidèle à l’ADN de la marque tout en acceptant une logique de diffusion plus large, avec un discours plus accessible. La croissance du parfum est très forte depuis quelques années. Pensez-vous que cela va durer ?Honnêtement, non. Entre 2010 et 2020, la croissance était régulière, mais moins spectaculaire que sur les trois dernières années. Après le Covid, il y a eu un rebond très fort, pas uniquement en parfumerie, mais sur de nombreux marchés. Depuis l’an dernier, la croissance se tasse nettement. En 2025, on est globalement entre 0 % et +4 % chez les grands acteurs du secteur. Je pense que 2026 ne sera pas beaucoup meilleure. LIRE LA SUITE
https://www.esmod-alumni.com/medias/image/thumbnail_212913956869c1196b5e377.png
Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire