Le rendez-vous des décideurs du luxe
Exclusif : Interview d'Edouard MEYLAN - CEO H.MOSER & CIE...
2026-01-15 14:43:00
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Marion Hirsch
Le rendez-vous des décideurs du luxe LE RDV DES DÉCIDEURS DU LUXE L'INTERVIEW DE LA SEMAINE  Rencontré au siège de H. Moser & Cie, à Schaffhouse, Édouard Meylan retrace avec précision, humour millimétré et sincérité à l’accent suisse la trajectoire d’une maison indépendante devenue l’une des voix les plus singulières de l’horlogerie contemporaine. Entre héritage, geste créatif, indépendance assumée et expérience client qui bouscule les codes, le CEO revient sur la renaissance fulgurante de Moser. Une conversation dense, libre et sans artifice, portée par la voix de la plus grande maison horlogère indépendante suisse. Édouard, pour commencer, pouvez-vous dresser la photographie de H. Moser & Cie pour un lectorat français qui vous connaît encore trop peu ?H. Moser & Cie, c’est l’histoire d’une maison fondée en 1828 à Saint-Pétersbourg par Heinrich Moser, horloger visionnaire originaire de Schaffhouse. Très vite, la marque s’impose : elle séduit les tsars, collabore avec Fabergé et devient l’une des signatures horlogères les plus respectées du XIXᵉ siècle. Restée longtemps dans les mains de la famille, elle passe ensuite sous la direction de différents entrepreneurs au XXᵉ siècle. L’activité reste solide jusqu’aux années 1970, quand la crise du quartz finit par l’éteindre du paysage horloger suisse. La renaissance débute au début des années 2000. La famille et plusieurs descendants relancent la marque, officiellement en 2005, avec une ambition technique forte, notamment un calendrier perpétuel. Mais en 2012, malgré ce potentiel, la maison se retrouve de nouveau au bord de la faillite. C’est à ce moment-là que mon frère, ma sœur et moi entrons en scène. Nous reprenons l’entreprise à quelques jours de la fermeture. Il y avait de magnifiques éléments, mais la recette n’était pas aboutie. Il fallait tout reprendre : restructurer, assainir, redonner une cohérence à un ensemble qui n’attendait qu’une vision claire. Entre 2013 et 2016, nous remettons la maison sur pied. En 2016, nous atteignons le break-even, quasiment sans marketing, alors que la marque perdait beaucoup d’argent auparavant. Puis, à partir de 2018, tout s’accélère. Moser trouve son territoire, son ton singulier, ce positionnement décalé mais profondément authentique. Depuis, la progression est spectaculaire.  © H. Moser & Cie Votre ADN et votre singularité font beaucoup parler. Comment les définiriez-vous ?Se définir soi-même n’est jamais simple. Pour moi, Moser est avant tout une manufacture profondément traditionnelle, mais nourrie d’une audace contemporaine qui la distingue. Nous évoluons à la frontière entre l’horlogerie classique, telle que l’incarnent les grandes maisons historiques, et l’horlogerie indépendante moderne, plus libre et plus inventive. C’est précisément dans cet entre-deux que se trouve notre identité. À partir de là, nous avons façonné une tonalité qui nous est propre : un mélange d’humour, de provocation maîtrisée et de liberté. Au début, certains nous regardaient comme "les clowns de l’horlogerie", ce qui m’agaçait profondément, car nous n’avons jamais cherché la provocation pour elle-même. Ce qui m’importe, c’est la pertinence du message. Quand nous avons lancé la montre en fromage, beaucoup ont ri sans comprendre l’intention derrière le geste. Aujourd’hui, ce projet, comme les autres, s’intègre parfaitement dans la narration que nous construisons : celle d’une maison sérieuse mais jamais coincée, respectueuse de ses racines mais toujours prête à repousser les limites que les autres n’osent pas dépasser.  Lors du rendez-vous mondial de l’horlogerie, Watches & Wonders, vous quitterez cette année le "carré des horlogers" pour intégrer le pavillon principal du salon, sur l’ancien emplacement de Montblanc. Que représente ce passage ?Je vois le carré comme un incubateur. En sortir, c’est comme une montée en Champions League. Nous restons une petite maison, mais tout à coup, nous entrons dans une autre dimension. C’est une reconnaissance du travail accompli. L’investissement est conséquent, mais il arrive au bon moment : nouvelles manufactures, boutiques, marketing renforcé. La perception de la marque a déjà changé, et ce stand va cristalliser cette évolution. Certaines marques sortent parce qu’elles n’ont plus les moyens. Nous, nous entrons parce que nos ambitions s’affirment. Un des marqueurs de cette ambition est votre partenariat avec Alpine en Formule 1. Vous avez immédiatement fixé un cadre très clair : pas question d’un simple logo sur une voiture.Absolument. Quand Alpine nous a approchés, j’ai dit : si c’est pour mettre un logo sur une voiture à 300 km/h, sans intérêt. Personne ne reconnaîtra la marque et ce n’est pas notre ambition. L’objectif, c’était de créer des expériences pour notre communauté, d’apporter de la crédibilité, d’explorer une industrie qui n’est pas la nôtre et de nourrir nos univers d’industriels. Nous développons des produits qui ne sont pas estampillés Alpine sur le cadran, une montre-outil connectée pour l’équipe des mécaniciens, et même des instruments microtechniques intégrés dans la voiture. Quand on collabore, on le fait pleinement. Pas de cosmétique chez Moser.  LIRE LA SUITE  
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